Aruna Winner, jeune photographe engagé

Article : Aruna Winner, jeune photographe engagé
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15 février 2026

Aruna Winner, jeune photographe engagé

Harouna Ouattara, est l’éco-bénévole de la prémière newsletter de l’ONG BienVERT’liance. Plus connu sous le nom d’Aruna Winner, il fait partie de cette nouvelle génération de jeunes chasseurs d’images ivoiriens pour qui la pratique photographique est un acte d’engagement.

J’ai lancé, avec mon équipe de l’ONG BienVERT’liance, une newsletter dédiée aux actions de la jeunesse écolo. L’idée étant d’amplifier la voix de la jeunesse qui se bat au quotidien pour la planète. Parmi les rubriques phares de cette lettre d’information écolo, « l’éco‑bénévole du moment » met en lumière des jeunes qui, comme Harouna Ouattara, changent concrètement le terrain communautaire.

Aruna Winner ou l’art photographique comme outil d’engagement

En 2026, c’est le photographe engagé Aruna Winner qui ouvre le bal et fait la une de la page 6 destinée à l’éco-bénévole du moment. Avec son regard puissant sur nos paysages, notre biodiversité et les menaces qui pèsent sur eux, il a fait de son appareil photo un outil d’éveil des consciences.

Auteur de reportages-photos particulièrement poignants ces derniers mois, notamment sur la pollution de la lagune Ébrié et sur la biodiversité du Zoo d’Abidjan, il marque de plus en plus la conscience collective par ses productions.

Le 17 septembre 2025, la toile ivoirienne est interpellée par une serie de plus 40 photos, publiée sur le compte facebook d’Aruna Winner. Dans cette serie de photos aussi atypiques les unes que les autres, l’on comprend aisément que la lagune Ébrié n’est plus à ses heures de gloires. Les services écosystémiques rendus par la lagune, autrefois attirant des espèces lagunaires impressionnantes, ont laissé place à un spectacle de déchets insolubles.

Pour contraster cette réalité environnementale peu honorable pour un si grand pays, il publie le 28 septembre 2025, une autre série de photos cette fois-ci pour illuminer la richesse faunistique du Zoo d’Abidjan : des images d’une rare beauté.

Être un oiseau au bord de la lagune et briller (ÉBRIÉ)

La périphrase « Abidjan, perle des lagunes » est aujourd’hui difficile à prononcer. Il serait même plus aisé de parler de perle des déchets ou perles des eaux polluées, en observant le spectacle de la lagune Ébrié. Dans ce décor peu réluisant, Aruna met en lumière le sort des oiseaux en intitulant sa série-photo de la façon suivante : « ÊTRE UN OISEAU AU BORD DE LA LAGUNE ET BRILLER »

“J’ai remarqué l’insalubrité au bord de la lagune et j’ai utilisé ce que je sais faire le plus pour attirer l’attention.”

Installé depuis deux ans à Blockhauss, village bordant la lagune à Abidjan, Aruna Winner s’en inspire directement. En capturant la lagune Ébrié, Aruna révèle avec finesse la difficile cohabitation entre la faune ornithologique lagunaire et les pratiques humaines qui contribuent à la dégradation de cet écosystème.

Cette faculté du photographe, et plus globalement des artistes, à faire sortir les internautes, les spectateurs de leur apathie face à des sujets environnementaux d’une grande importance, rend en réalité un service colossal à la cause environnementale.

La faune d’Abidjan est « ZO »

Visitant le Zoo d’Abidjan pour la première fois, Aruna Winner y voit une opportunité de faire briller le patrimoine faunistique que compte la Côte d’Ivoire, en publiant des photos exceptionnelles !

Jouant toujours sur les mots pour qualifier de façon originale ses oeuvres, il va intituler ce photo-reportage de la façon suivante : « LA FAUNE D’ABIDJAN EST ZO ». L’expression « ZO » veut dire « JOLI » en nouchi.

En enlevant le deuxième « O » du mot Zoo, il transmet un message très clair avant d’immerger les internautes dans une serie de clichés dignes de Nat Géo Wild. Au passage, il ne manque pas de faire un peu de culture générale en rappelant que le Zoo d’Abidjan a été créé par une structure privée, puis racheté par l’État en 1965, avant d’être nationalisé en 1972 et placé sous la tutelle du Ministère des eaux et forêts.

“Je suis passionné de photographie animalière également donc j’ai voulu montrer cette belle faune que compte notre pays.”

Les photos d’Aruna racontent autant l’émerveillement devant les espèces que les défis liés à leur conservation.

« Ce qui me plaît dans le travail d’Aruna, on sent qu’il ne s’agit pas que de faire des clichés , on sent l’intention de raconter une histoire, de passer un message… il y a de la réflexion derrière les travaux. » (Alban M’lan, en commentaire de la publication d’Aruna sur le Zoo)

À la question de savoir comment la phothographie journalistique peut contribuer à la lutte contre la pollution, il reponds de façon remarquable : “C’est une volonté politique nationale qui peut résoudre ce problème. Il faut créer un sursaut national, en appelant à la conscience de tous. Un photojournaliste c’est celui qui informe à travers des images. On dit que les images valent mieux que milles mots. Évidemment, c’est un outil pour appeler à la conscience collective”.

Yves-Landry Kouamé

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